Henri est un artiste libre. Ses recherches éclectiques et polyvalentes l’amènent à travailler la sculpture, la peinture, le graphisme, la mosaïque, la céramique, avec un esprit absolument exploratoire. Si l’art est inspiration, vitalité expressive, Henri en est un témoignage vivant.
Rien de ce qu’il fait n’est mesuré par la commodité. Rien de ce qu’il fait n’est conçu pour se conformer aux goûts du marché, aux tendances, aux préférences motivées par le profit.
Le style d’Henri se caractérise par un expressionnisme raffiné qui accentue les caractéristiques physiques des figures humaines et animales, déforme les muscles des corps en tensions, nerfs, pommettes, fibres, sans jamais atteindre le grotesque, le pointilleux, l’obscène.
La sculpture est jusqu’à présent son activité principale, entre marbre et argile, mais il travaille aussi les pastels sur papier, les acryliques sur toile, les rayures des gravures graphiques, les myriades de fragments de mosaïque.
Cette accentuation des caractères physionomiques, des profils, de la grignature, des nodules, est son trait le plus individuel. Cependant, ses œuvres ne sont pas des caricatures, ce ne sont pas des farces ou des blagues. Henri travaille sur une arête très fine, qui est celle qui sépare l’intensification d’un caractère expressif, comme il le fait, de son basculement dans un humour vide et carnavalesque.
Le talent d’Henri ne se dément pas. La déformation des traits somatiques est poussée jusqu’au point le plus extrême, pour ne jamais devenir dérision. Notre artiste pousse les traits humains ou animaux jusqu’au point où l’harmonie et le calme physique sont perturbés, désordonnés et deviennent expression intérieure, humeur, symbole. Henri ne crée pas des figures, mais des états psychiques.
Dans l’histoire de l’art, ce procédé de portrait a eu ses illustres prédécesseurs.
Par exemple, en peinture, on peut se souvenir de Hieronymus Bosch, Pie-ter Bruegel, Hans Baldung Grien, Francisco Goya, Salvator Rosa, Mathias Grünewald, jusqu’à Georges Henri Rouault, David Alfaro Siqueiros, ou Paul Klee avant qu’il n’atteigne l’abstraction.
Même dans le graphisme on retrouve des ancêtres, d’Odilon Redon à Alberto Martini. Dans le dessin, ces exubérances expressives trouvent des sommets absolus dans les caricatures de Léonard de Vinci.
Sans oublier la sculpture – véritable banc de comparaison pour l’emprise du style d’Henri – où les précurseurs qui chargent les visages et les muscles sculptés jusqu’à devenir des excès trouvent des preuves